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22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 17:56

 

Tout d’abord, un tout grand merci à Babelio et aux éditions « La Bouinotte » pour ce roman historique qui met en lumière une réalité souvent oblitérée des livres d’Histoire.

 

Nous voilà donc en Vendée, en 1793, le massacre peut commencer… Ce n’est pas alors l’armée révolutionnaire qui s’oppose à une armée vendéenne organisée mais bien une armée classique contre une population qui n’a pas demandé cette Liberté imposée, qui veut garder sa religion et ses prêtres et surtout qui refuse de donner ses fils bien utiles dans ses terres ingrates à une République qui combat ses ennemis aux confins du pays.

 

Un trait de plume qui ne manque pas d’intérêt mais qui souvent est plus que pompeux pour parler horreurs et débauches humaines, des personnages vrais qui sont présents pour le témoignage historique et des personnages de fiction qui manquent clairement de consistance, une mission qui sert de fil à l’histoire et qui n’est guère étoffée, un mystère qui n’en est pas vraiment un et pour finir deux histoires d’amour surfaites pour mettre un peu de rose sur le fond rouge et noir de l’ensemble du roman. Un ensemble qui parfois ne tient pas la route, comme cet avant-bras déchiqueté par un molosse au début du récit et qui manifestement n’a aucun impact sur la suite du parcours… Néanmoins, un récit qui interpelle sur ce crime monstrueux qu’a été la réaction républicaine à la révolte des Vendéens.

 

« Il se taisait, tétanisé par ce qu’il voyait, par cette révolution qui faute d’Être suprême n’avait engendré que des êtres infimes, que des gnomes déliquescents de bestialité et de déchéance. »

 

« L’hydre est increvable, et elle n’a pas cinq têtes, mais des milliers. Tous les jours des dizaines s’abattent, et des centaines repoussent pour être coupées le lendemain. »

 

« L’égalité se devant d’être partout, la tolérance n’était nulle part. »

 

A vouloir être au plus près de la réalité, l’auteur est sensiblement tombé dans la répétition de l’horreur et, du coup, ça rend le récit lourd et moins crédible et c’est triste car le sujet mérite clairement d’être développé.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:13

 

Génial !

 

Un roman qui se lit d'une traite ; un roman qui parle d'Histoire, d'amitié et d'amour ; un roman qui m'a touché tant le personnage principal est vivant, naïf, fort et attachant ; un roman qui fait sourire et pleurer aussi parfois (surtout à la fin faut dire) ; un roman, récit d'une aventure toute particulière à savoir l'aviation et ses aviatrices jeunes, intrépides et surtout, hors du temps.  C'est vrai que vivre dans les nuages est une expérience qui devait être magique surtout aux débuts quand tout était encore à faire.

 

On participe ici aux concours de voltige aérienne sur des terrains campagnards, on vit les tourments des aviateurs vétérans de la Grande Guerre qui ne savent que voler, on découvre les petits terrains qui servent d'escales aux courriers et aux voyageurs intrépides, on approche de tout près les techniques médiatiques des magnats de l'aviation pour faire vendre à n'importe quel prix leur production et là, c'est vraiment pas le top.  La guerre approche à grands pas, le marché promet d'être juteux et alors, tout est bon pour mettre en avant son industrie quitte à détruire une très jeune et jolie aviatrice de talent.

 

Ici encore l'auteure reste au plus près de la vie américaine et dans ce roman, son regard se porte surtout sur les petites villes où les filles se marient dès la fin des études secondaires et deviennent alors de parfaites femmes au foyer.  Et il y a parfois des exceptions et notre héroïne en est une qui deviendra un as de l'aviation et fera un tour du Pacifique juste avant l'attaque de Pearl Harbor et se retrouvera dans la même situation que celle d'Amelia Earhart…

 

« Étrange mélange de lâcheté et de témérité, commun à tous les pilotes.  Des héros dans les airs, des frileux à terre. »

 

« L'histoire d'amour la plus courte du monde.  Je t'aime.  Fin.  Je suppose que je n'aurais pas dû te le dire. »

 

Un roman émouvant à la gloire des héroïnes souvent oubliées que sont toutes les aviatrices qui ont participé à la deuxième guerre mondiale.

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:10

 

Pas mal du tout, une fois de plus :-)

 

C'est vrai que l'auteure est prolixe et parfois, eh bien, un peu trop pour maintenir la qualité mais ce n'est pas le cas ici.

 

On voyage dans le monde déjà un peu partout secoué, on photographie les couleurs et les émotions, on écoute les rumeurs de la guerre et on les touche du doigts parfois, on ressent les malheurs du monde et on stresse pour les gens qu'on aime.  Quand l'amour nous tombe dessus sans qu'on ne s'y attende et que les responsabilités de la vie font qu'un fossé se creuse, il faut parfois une guerre pour tout arranger…

 

Une plume toujours aussi bien documentée sur le début de la seconde guerre mondiale ; la guerre entre la Chine et le Japon, la montée au pouvoir d'Hitler, les édits de Nuremberg, les avancées militaires en Autriche et en Pologne, l'horreur de Pearl-Harbor et finalement l'entrée en guerre de l'Amérique.  Un rythme qui bouscule au grès des voyages, des événements, des bombes qui tombent sur Londres.  Une femme particulièrement émouvante et attachante qui fait passer son amour pour les autres avant le sien qui pourtant a mis bien du temps à venir.  Et alors, jamais, malgré la pression des sentiments, elle ne lâchera ceux qui lui tiennent à cœur.

 

« Pour un homme comme lui, confronté quotidiennement à la mort, la naissance d'un enfant représentait un merveilleux espoir : cette vie nouvelle semblait soudain effacer tous les deuils. »

 

Une toute belle lecture qui montre aussi le côté obscur de la haute bourgeoisie américaine, son égoïsme, son racisme et sa superficialité.   C'est pour cela aussi que j'apprécie cette auteure, elle nous montre le beau mais aussi la laideur de son pays qui reste encore pour beaucoup un eldorado !

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 17:05

 

Pas mal du tout !

 

Bon, je vais être honnête avec vous, il y a des longueurs et surtout des répétitions, c'est vrai.  Il y a surtout une documentation méticuleuse qui nous plonge dans un monde assez bien connu au travers de différents écrits et notamment ceux de Cicéron qui reste un personnage clé de cet opus.

 

Cicéron est au faîte du pouvoir et sa voix porte toujours bien, les factions sont toujours aussi secrètes et parfois versatiles, Jules César pointe son nez et tout semble bien en place pour la conspiration de Catilina, adversaire dépité et donc dangereux.  Un point d'Histoire bien connu qui sert de fond, très riche il faut le dire, à une enquête particulière qui touche directement Gordien qui risque bien d'y perdre la tête !

 

Une plume colorée qui nous mène une fois de plus au cœur des embrouilles politiques de Rome ainsi que des difficiles relations qu'il peut y avoir entre un père et un fils, encore bien jeune, devenu adulte aux yeux des romains.  Relations d'autan plus tendues que des liens profonds lient les deux protagonistes et que souvent les mots dépassent les pensées et conduisent à des situations inattendues, émouvantes et bien sûr, risquées.

 

« J'ai pensé, il y a longtemps, que je servais la vérité et, à travers la vérité, la justice, mais vérité et justice sont maintenant des mots dépourvus de signification à Rome ; on pourrait aussi bien les rayer de la langue latine. »

 

« La richesse rend nécessairement l'homme avare, le succès le rend vain et la parcelle la plus infime de pouvoir le rend méprisant envers les autres. »

 

Cette nouvelle immersion dans l'antiquité romaine est pour moi un plaisir que je vais clairement renouveler sous peu !

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 16:53

 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi… Un bon livre, un livre qu'on aime, qu'on lira jusqu'au bout sans sensation de longueur, sans l'impression de s'ennuyer tout en lisant, un livre bien écrit donc, on le sait de suite car les mots d'abord enchantent avant l'histoire. Et c'est le cas ici, j'adore :-)

Une plume directe pour le guerrier, une plume technique pour l'ingénieur, une plume artistique pour l'architecte et enfin, une plume poétique pour l'amoureux et tout cela réuni dans un même récit, ma foi, c'est assez réussi.  Petit bémol quand même, trop de répétitions et cela m'attriste car le texte est riche, bien documenté et tout simplement beau.

De Montmédy à Collioure, de Lille à Pignerol, de Saint-Malo à Maastricht, l'Homme de devoir n'a cessé de parcourir la France pour améliorer la défense de son pays en remaniant les citadelles existantes et en y créant d'autres d'une perspective toute neuve.  Ce n'est pas tout, durant ses voyages toujours renouvelés, sur ordre bien sûr, il n'a jamais cessé d'écrire : des mémoires sur la technique du siège d'une ville, des études sur les fortifications, des essais sur la vie réelle du peuple de France, une supplique pour inciter le Roi à revoir sa décision sur la suppression de l’Édit de Nantes et enfin, un traité sur la nécessité de revoir la politique fiscale du pays.  Un homme extraordinaire qui a passé sa vie à servir son pays et son Roi.

Un ingénieur que j'admire pour les places-fortes que j'ai déjà visitées et qui dans ce roman est sublimé par une histoire d'amour assez émouvante.  L'auteur ici a bien joué en menant de front l'Histoire et la technique et en pimentant le récit d'un coup de cœur improbable ou pas…

« J'allais donc épouser le métier des armes. Le plus court chemin pour gagner un nom, pour la découverte et le voyage, pour la fortune et la gloire. La mort peut-être... »

« La perfection d'une ville tenait aussi de sa cathédrale. Je compris très vite, humble et malheureux, que je ne pourrais jamais égaler l'essence divine d'une écriture de pierre. Ici, l'architecture rejoignait les plus belles pages des lettres et de la peinture. A la pierre, elle mêlait la sensibilité de la lumière et du son même. »

« Ma peau… Ma pauvre peau ! Si j'étais veau, elle ne servirait pas même à faire une chaussure. Et les meilleurs des naturalistes trouveraient problème à m'empailler. »

« Que l'on joue ne serait-ce qu'avec la qualité des matériaux, le temps ou le terrain, et les années se chargeront d'y apporter un blâme et une sanction. Sanction brutale posée par la nature et dans le constat par les hommes. »

« La guerre n'est pas spectacle d'amour.  Elle punit la curiosité en réclamant son dû. »

Un tout grand merci à Babelio et aux éditions « Vents d'Histoire » pour cette belle découverte.

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 17:27

 

Long, lourd, j'avais envie de mieux connaître cet auteur et je m'en mords les doigts.

 

C'est mignon, poétique, comme un conte trop long qui ne sait pas vraiment où il va et du coup, c'est un peu ennuyant. Les personnages restent toujours en retrait, pas moyen d'accrocher, de les trouver attachants, sympathiques et c'est triste car je sens qu'il ne manque qu'un petit chouia pour rendre le récit palpitant.

 

Et puis voilà, attendre la page 196 pour que l'histoire de Sarah et Abraham commence vraiment alors que le bouquin n'en fait que 345, c'est un peu broder sur une genèse qui n'existe pas. Je m'explique, dans la Bible, Sarah est la demi-sœur d'Abraham, ici, elle est une princesse mésopotamienne un peu trop gâtée il faut le dire et qui du coup n'en fait qu'à sa tête. Même si cela est assez intéressant et permet de découvrir les us et coutumes et surtout la religion du peuple mésopotamien à l'époque d'Abraham, ça ne sert qu'à faire des pages avant de commencer l'histoire…

 

« Viens dormir près de moi. Cette nuit et toutes les nuits, jusqu'à ce que le Dieu unique nous désigne le pays où nous nous établirons. »

 

Et l'Histoire, et bien, c'est celle reprise dans les sources religieuses principales avec quelques ajouts du cru de l'auteur. Pour faire court, Abraham et Sarah sont des personnages bibliques ; ce roman est plus un conte qui permet de se replonger dans les origines des différentes religions sans trop se casser la tête car rien ne vient vraiment expliquer les différents tableaux représentés dans le récit.

 

Il m'en reste deux à lire sur le thème de la Bible au féminin mais avant de m'y plonger, je vais faire une petite pause dans mes études théologiques et pourquoi pas ouvrir un petit livre rouge :-p

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 17:52


Pas mal du tout !

Me revoilà à Akhétaton en présence de Néfertiti et de son époux Akhénaton, si adulé un temps, si conspué après au point d'être peut-être assassiné pour rendre à Amon sa place au cœur de l'Egypte et sa richesse au clergé égyptien.  

Un roman écrit comme une enquête, Akhénaton est mort, Néfertiti est toujours prisonnière en son palais ; le roi renégat est mort, vive Toutankhamon qui a remis l'église au milieu du village à savoir Thèbes où le clergé se frotte les mains après des années de vaches maigres.  Un roman écrit comme une succession de réalités, différentes en fonction des personnalités, vengeresses, attendrissantes, hargneuses, raisonnables et finalement, l'unique, toujours amoureuse.  Un roman particulier car écrit par un égyptien qui veut toucher au plus près les réalités de ce temps toujours un peu obscur car lointain et beaucoup décrié.  Un roman tout en poésie où les chants de pharaon à l'Unique illuminent les récits successifs et montrent de ce fait la profondeur de la foi de cet homme si particulier et si attachant.

Un physique androgyne, un précurseur du monothéisme,  un esprit en avance sur son temps, un être qui croit en l'amour des Hommes et des peuples, un personnage éblouissant qui n'avait aucune chance même en étant  pharaon.

« Sois comme l'Histoire qui prête l'oreille à tous les conteurs, qui ne prend parti pour personne, et qui gratifie d'une vérité limpide celui qui la lui réclame. »

« Le bien n'échoue jamais, le mal ne vainc jamais.  Mais nous ne voyons du temps qu'une infime portion.  La faiblesse et la mort font écran entre nous et la vérité... »

Un auteur que je découvre et qui nous présente une histoire connue d'une manière beaucoup plus élaborée que par le biais d'un roman historique classique.  Un auteur que je vais garder en mémoire du coup :-)

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 09:23

 

J'ai bien aimé même si on est loin d'un coup de cœur :-)

 

Oui, j'ai bien aimé mais ce genre de roman ravive ma colère contre les religions car elles sont la source des guerres bien plus que la couleur de la peau… Almaquah, dieu du peuple de Saba ; Arwé, dieu des contestataires de Saba ; Râ, dieu des égyptiens, pharaon parmi les hommes ; Yahvé, dieu des hébreux, Salomon son plus grand prêtre… Que de croyances qui se ressemblent et qui ne sont que des armes de discorde entre les mains des hommes de pouvoir qui ne pensent qu'à posséder plus de terrains, plus de richesses, plus d'esclaves :-(

 

Une belle histoire documentée au mieux vu le peu de 'parchemins' disponibles et qui concerne deux personnages bibliques pourtant bien connus ; Salomon, chef des Hébreux dont la présence historique ne peut être contestée et Makéda, reine de Saba, qui semble n'être qu'une légende et qui pourtant a laissé quelques traces infimes dans certaines sources religieuses. Une rencontre inévitable, un coup de foudre imprévisible, trois jours inoubliables et la naissance d'une nouvelle dynastie au royaume de Saba.

 

Une plume intéressante, un rythme soutenu par l'Histoire tel qu'on peut l'imaginer, des personnages qui manquent un peu d'humanité pour être vraiment attachants, et de magnifiques poésies, non de l'auteur, mais du Roi Salomon en personne !

 

« Ainsi allait la vie des hommes : le chaud alternait avec le froid, l'obscur avec l'éblouissant. Et les larmes naissaient entre les dents du rire. La sagesse consistait à ne jamais oublier ce que la douleur nous enseignait. »

 

« Arwé entre dans ton royaume comme ce ver qu'on avale en mangeant de la mauvaise viande. Il te vide de tes forces avant que tu puisses le chier. »

 

« Toute son apparence était un piège. Almaquah lui accordait la puissance de l'univers et Râ la voilait sous la beauté du jour. Mais gare à celui qui se laissait aveugler ! »

 

Une lecture qui ne manque pas d'intérêt et un auteur qui mérite le détour au vu de ses connaissances historiques et bibliques :-)

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 14:51

 

Jubilatoire, c'est le mot juste !

 

C'est cru, c'est gras, c'est pointu, c'est tendre, c'est gai, c'est triste, c'est une bulle d'amour qui transporte la vie, c'est une bulle d'amour qui va au-delà de la mort.

 

Comment dire, c'est une plume qui porte l'Histoire dans un tourbillon qui se déchaîne et qui explose en émotions. De l'amour charnel le plus libidineux au sommet de la logique théologique, il n'y a qu'un pas et ce n'est pas l'auteur qui le franchit, ce sont ses acteurs, ses personnages, si passionnants, si passionnés et qui ont marqué leur temps. On ne peut être qu'ébloui devant un tel amour qui se sublime par la pensée. Pour Abélard, la logique qui met à mal les récits de la Bible, pour Héloïse qui va consacrer son temps clos à éduquer les filles. Un couple qui se retrouvera dans la tombe où, encore une fois, le merveilleux remplira son rôle.

 

« Parce que le vent de la ruelle, lui faisant face, plaque contre son corps les plis de sa tunique qui se tend en un endroit, on devine qu'il bande et que ça lui pétille dans les couilles. »

 

« Ce logicien découvre que quelque chose existe qui désarme la logique. Il est amoureux. »

 

« Mon amoureux, tu as osé venir malgré le couvre-feu devant cette demeure où on te tient pour un lépreux !... »

 

« S'enivrant à la fois le cerveau et le cœur, la nonne fessue et son galant raide-y-met dépitent la Vierge aux mains croisées sur la poitrine. »

 

« Ainsi, ce sont des sourds qui vont juger des paroles de lumière ! Ainsi de vrais pots pleins de vin vont se prononcer et peut-être condamner un homme sobre... »

 

Rien à dire, c'est un Teulé qui décroche les étoiles <3

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 10:54

 

Et la suite est peut-être encore meilleure !

 

Il y a des trous dans les archives, des textes disparus, des documents perdus, des palais engloutis dans la folie paysanne, des meurtres oubliés, des rumeurs maléfiques, des usages perdus et pourtant, les personnages ont survécus, ils ont laissé une petite trace dans l'Histoire. Souvent, cette trace se résume à une date de naissance et une date de mort, parfois les lieux sont ajoutés et quand il s'agit de nobles chevaliers, les faits de guerres ne sont pas oubliés mais une maîtresse même tendrement aimée laisse finalement peu de souvenirs. Peu de sources, si ce ne sont les enfants illégitimes, bâtards éduqués mais bâtards quand même.

 

Et j'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteure a raccordé des faits pourtant très éloignés dans le temps dans un récit qui tient la route, qui suit l'Histoire et aboutit finalement à un mariage inimaginable, incroyable pour l'époque et pourtant bien vrai ainsi qu'à la légitimation de plusieurs enfants nés dans le péché. Un conte de fée qui n'arrive pas souvent, une histoire dure pourtant car la vie est loin d'être facile dans cette Angleterre contestataire du XIVème siècle même pour les personnes d'un certain renom.

 

« … Ni pour toi ni pour moi, ni même pour l'Angleterre, mais parce qu'il est en train de perdre son âme. »

 

« Ces diverses mesures de clémence apprirent ainsi à Katherine combien il était difficile en politique de s'en tenir à une ligne de conduite rigide étant donné l'opposition des ambitions en présence. »

 

« Il la regardait avec une expression qu'elle n'avait encore jamais vue dans des yeux d'homme : l'amour sans le désir, une sorte de gaieté tendre. »

 

L'auteure, fine mouche, n'a pas hésité à nous régaler de quelques extrait du poète bien connu Geoffrey Chauser qui était réellement le beau-frère de Katherine et qu'il a suivie tout du long de son incroyable destinée. Ainsi, voici ce qu'il écrit au mariage d'Henry de Bolingbroke, fils de Jean de Gand et de Blanche de Lancastre, avec la petite Mary de Bohun :

« Libre des fers d'Amour, je suis devenu gras,

Point ne songe en prison retourner et maigrir,

Amour et ses doux nœuds ne valent pas poêle à frire. »

Quelques vers sur son propre mariage qui d'amour fut un jour mais auquel il préféra la bonne chère au fil du temps et surtout, des missions lointaines qui l'éloignaient souvent de son foyer (et je ne parle même pas du caractère de son épouse dont l'auteure à peut-être beaucoup joué dans son roman :-p )

 

Un magnifique roman que je recommande à tous les passionnés d'Histoire :-)

 

« Seul, je sais bien ce que je suis, car ce que je pense ou rêve moi seul le sais... » Chauser

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